Le 24 février 2026, l’Autorité nationale des jeux a publié sa position sur les plateformes de marchés de prédiction, ces sites où l’on parie en crypto-monnaie sur l’issue d’une élection, d’un match ou d’une décision économique. Sa conclusion est sans nuance : Polymarket, Kalshi et les plateformes assimilées sont des sites de jeux d’argent non autorisés en France.
L’ANJ rappelle avoir engagé ses premières démarches en novembre 2024 auprès de l’éditeur de Polymarket, une société panaméenne, qui a alors mis en place un géoblocage ; Kalshi a fait de même. Elle cite des volumes considérables : 3,6 milliards de dollars sur l’élection américaine de 2024, plus de 27,9 milliards de dollars cumulés de janvier à octobre 2025, et un pic hebdomadaire supérieur à 2,3 milliards de dollars en octobre 2025.
Les risques pointés ressemblent à ceux du casino
La liste des risques dressée par l’ANJ pourrait s’appliquer mot pour mot à un nouveau casino en ligne : addiction nourrie par une « illusion de compétence », disponibilité 24 heures sur 24, absence de limites de mise et de vérification d’âge, et incitations à la manipulation des événements sur lesquels on parie. L’Autorité relève que l’Allemagne, la Belgique, la Roumanie, la Suisse, les Pays-Bas, la Pologne, la Grèce, Chypre, l’Ukraine et le Portugal ont déjà bloqué Polymarket, et que l’Australie l’a placé sur liste noire le 14 août 2025.
Cette position de février a préparé le terrain : le 16 juillet 2026, le président de l’ANJ a ordonné le blocage de polymarket.com par les fournisseurs d’accès français, et la plateforme a contesté cette décision en justice le 21 août.
Pourquoi en parler sur un site consacré aux nouveaux casinos ? Parce que l’argument « ce n’est pas un casino, c’est de la finance » ou « ce n’est pas un casino, c’est de la crypto » ne tient pas devant le régulateur français. Ce qui compte, c’est la présence d’une mise, d’un aléa et d’un gain en argent. Un casino crypto licencié à Curaçao et une plateforme de prédiction en USDC sont, pour l’ANJ, dans la même catégorie : offre illégale, sans protection ni recours.
Le document complet, avec le raisonnement juridique, est lié ci-dessous.
Les faits
- Position de l’ANJ publiée le 24/02/2026 : Polymarket, Kalshi et assimilés sont des sites de jeux d’argent non autorisés en France
- Premières démarches de l’ANJ en novembre 2024 auprès de l’éditeur de Polymarket (société panaméenne) ; géoblocage mis en place, de même chez Kalshi
- Risques pointés : addiction (« illusion de compétence »), disponibilité 24/7, absence de limites et de vérification d’âge, incitations à la manipulation
- Volumes cités : 3,6 Md$ sur l’élection américaine 2024 ; plus de 27,9 Md$ cumulés de janvier à octobre 2025 ; pic hebdomadaire supérieur à 2,3 Md$
- Pays ayant bloqué Polymarket : Allemagne, Belgique, Roumanie, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Grèce, Chypre, Ukraine, Portugal ; liste noire australienne du 14/08/2025
Parier en crypto n’est pas une zone grise : pour l’ANJ, c’est la même catégorie qu’un nouveau casino sans agrément. Si vous jouez en USDT ou en BTC chez un casino offshore, vous cumulez les deux absences de protection, celle du jeu et celle de la crypto, et les gains convertis en euros sont imposables à la cession.
Les actualités sont des résumés de sources publiques, à la date indiquée ; les informations juridiques et fiscales sont données à titre d’information et ne constituent pas un conseil. Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-moi, je corrige et je note la modification.